Kawasaki Z 650 B2 1978

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    Pour mon Fabrice préféré! Ca va être difficile de parler ´d’essaiª de la Z 650 B2 de 1978, au mieux, je peux tenter de ramener à la surface des souvenirs datant de 1981 ‚ Alors donc, tentons le forage dans le champ de neurones commémoratifs pour ramener à la surface cette année 1981, ce jour de début de printemps, où je remonte de Bergerac sur cette Kawa achetée à un pote. Elle totalise un peu plus de 60000 kms, mais a toujours été traitée avec une déférence habituellement réservée aux divas les plus imbuvables, elle qui est en fait une bonne pà¢te, une fille avec un caractère en or. Mes impressions ne sont pas tirées de vérités absolues issues d’une quelconque science de la chose motocyclistemais proviennent de ma référence de l’époque: une Yam 650 XS type 1H1 avec laquelle j’ai abattu 29000 kms en 9 mois et qui m’a foutu un roulement de bielle dans le sac et les mains plein de cambouis, par conséquent. J’ai eu l’occasion d’essayer la Z 1000 que j’ai trouvé chouette mais dont le poids interdisait le moindre côté fun, même si, comparée à la Yam 1100 XS de mon petit frère, c’était un vélo. Quand j’ai essayé pour la première fois cette Z 650, outch, j’ai été séduit sur le champ. Bien sûr la forte parenté esthétique avec la Z 900 m’avait tapé dans la rétine, mais le moteur n’était pas étranger au plaisir d’être sur l’engin. Souple, onctueux, et soudain, passant du feulement discret à un cri de chat sauvage en furie, il propulsait l’aiguille du compte tours vers les 2h, te mettait les globes au fond du crà¢ne et t’allongeait les bras de quelques gros centimètres. Une pub d’époque disait qu’elle rivalisait en accélération avec sa grande s≈ìur, je n’ai jamais vérifié mais c’est l’impression que ça donnait. Seul bémol, la mienne (uniquement ?) claquait beaucoup d’ampoules, clignotants, témoins de tableau de bord, voire code/phare, vers les 8500 trs, une mauvaise fréquence vibratoire killait du filament à tout va. Je tentais donc de ne jamais dépasser les 8000 trs. Maniable, se faufilant dans un mouchoir de poche, confortable, consommant peu, elle tenait la route sans onduler du croupion comme beaucoup de ses cons≈ìurs d’alors, ne nécessitait pas de réglages fréquents, la carburation tenait la synchro et l’allumage à rupteurs était facile à caler sur la bonne avance avec une bête ampoule de clignotant ou avec le bip insuppooOOooortable de rappel de clignos pour ceux qui préféraient la version auditive. La finition globale était au standard japonais de l’époque, c’est-à-dire à des années lumière au-dessus des pauvres ratagaz américains ou européens du temps jadis d’avant. Comme toutes les motos de cette génération, le freinage était disons, discutable par temps sec, indiscutablement absent à la première averse. Hop, une paire de disques flottants Brembo et étriers du même rital tonneau et ça freinait sa race qui déchire le slip à ta reum’. La B2 était dotée d’un seul disque d’origine, étrier situé derrière le fourreau, MAIS la fixation d’un autre étrier était prévue sur l’autre bras de fourche. Gloare aux ingénieurs japonais de l’époque. Elle me donnait le plaisir de frimer en ville sur un filet de gaz, de la contempler en buvant une mousse en terrasse, de taper une bourre avec les potes d’alors, de partir à l’autre bout de la France avec un sac sanglé sur la selle. La brêle universelle, celle qui peut tout faire et ne te laisse jamais tomber. Je l’ai revendue à 124 000 kms et elle tournait encore comme une horloge, j’avais juste changé le kit chaine. Le « Z bar » va faire sourire, mais bon, on est rock’n’roll ou on l’est pas, c’était fait pour aller avec mes ‘tiags’.

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  • #186841

    Ah la Z650, quel souvenir ! Nous étions allés à Montpellier durant les vacances de Pacques pour visiter nos amis Astrid et Frédéric. Le vendredi matin, Frédéric me dit : ´Tu viens avec moi au Paul Ricard demain ? Je dois retrouver mon binôme Pierre Henri pour une séance de roulage ª. Frédéric avait préparé à l’atelier de sa concession Kawa de Montpellier une Z 650B1 qu’il avait touchée en avant première pour l’engager au Bol d’or en catégorie silhouette ( je ne sais plus si on l’appelait comme çà , c’est l’à¢ge). Nous étions au printemps 76. ´Il y a à peu près 200 bornes, comme çà on va roder à l’aller ª. ´???…. !!!…. roder… en 220 bornes ?… ª Le samedi matin on est parti vers huit heures. Préparation moteur, carénage, bracelets, optiques additionnels longue portée et peinture vert kawa. Selle duo pour l’occasion (heureusement pour moi). Il faisait grand soleil et nous avons mis deux heures pour rejoindre le circuit. Pierre Henri était arrivé de Marseille et nous attendait sur le parking concurrent avec tout l’attirail nécessaire à une journée de roulage. Une petite dizaine de tours pour se mettre la bête en main et peu à peu le rythme est monté. En fin d’après midi, la messe était dite. Bonnes sensations, excellente tenue de route. Verdict : une moto promise à un brillant avenir. La journée avait été ensoleillée et chaude, propice aux chronos. Le soir on est redescendu sur Marseille pour manger une croûte chez Pierre Henri avant de reprendre la route de Montpellier. Il nous restait 170 bornes d’autoroutes pour rentrer Nous avions à peine dépassé les Pennes Mirabeau que d’énormes nuages nous ont plongé dans la nuit noire. Cinq minutes plus tard, le déluge s’abattait sur nos têtes, entre autres. A cette époque, Frédéric avait de longs cheveux bouclés qu’il attachait sous son casque pour ne pas qu’ils s’emmêlent. Là il avait perdu son élastique et c’est donc cheveux au vent qu’il avait mis le contact. En moins de cinq minutes, ses cheveux balayant ma visière dans tous les sens, de nuit, sous une pluie diluvienne, je ne voyais plus rien à travers ma visière graissée par la crinière de Frédéric flottant au vent. La moto était rodée et il n’y avait pour Frédéric, aucune raison de ne pas avancer. Il était comme çà Frédéric ; quand il fallait aller d’un point A à un point B, quelque soit le motif, il n’ y avait jamais de raison de ne pas tenter le temps scratch. C’était dans sa nature, dans ses gènes. Là il fallait rentrer à Montpellier avec une moto préparée pour la course. Même sous la pluie, même de nuit, même dans un flot de circulation incessant ralenti par les conditions météo, il n’ y avait aucune raison de ne pas mettre la poignée dans le coin. Des voitures que nous doublions, je ne voyais que les feux arrière au moment où ils étaient à la hauteur de mes genoux. Parfois je prenais des G en décélération violente quand une voiture obligeait Frédéric à freiner façon S de la Verrerie ou virage du pont. Et quand il freinait c’est qu’il n’y avait pas la place à passer entre les deux voitures ou entre la voiture et le rail. J’avais pris mon parti de faire bloc avec la machine, j’accompagnais les mouvements de la moto, à gauche, à droite, sur l’angle, ce qui avait de quoi surprendre sur autoroute. Je luttais contre la force qui me plaquait contre Frédéric ou qui voulait m’expulser de la moto par l’arrière sans rien voir de ce qui se tramait autours de moi. Rien d’autres que ces maudits feux rouges qui sitôt entrés dans mon champ de vision sur mon coté gauche ou droit, disparaissaient en un dixième de seconde, me laissant percevoir la vitesse relative entre nous et le reste de la meute. Cent soixante dix kilomètres comme çà, cent soixante dix kilomètres de noir, de pluie, de compète sur autoroute ouverte. Cent soixante dix kilomètres dans la peau d’un aveugle, et encore ! Un aveugle n’aurait pas vu le défilement ahurissant des feux rouges éphémères. Cent soixante dix kilomètres et un tout petit peu plus d’une heure quand enfin nous avons posé le pied à terre devant la concesse kawa à Montpellier. J’ai eu du mal à me déplier, un peu tétanisé. J’ai enlevé mon casque, j’ai regardé ma visière totalement opaque que j’ai montrée à Frédéric. ´ Fallait ma taper sur l’épaule, je me serais arrêté ‚ ª Tu parles ! ´ Je suis content, elle marche bien cette 650. Ca va faire un malheur, je vais en vendre un max ª. Çà, pour marcher, çà marchait, même sous la pluie. De quoi vous laisser quelques souvenirs.

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